L’échec nous apprend ce que la réussite ne dit jamais

La réussite parle trop. Elle parle même quand on ne lui demande rien.Elle commente, explique, valide, tamponne, certifie. Elle adore les phrases qui commencent par « finalement »et se terminent par « c’était logique ». Elle réécrit le passé avec une aisance suspecte, comme si tout avait toujours été prévu, maîtrisé, voulu. La réussite transforme l’incertitude en stratégieet la chance en mérite. Elle rassure.Surtout ceux qui ont besoin de croire que le monde obéit à des règles simples, à condition de bien les réciter. L’échec, lui, arrive sans vocabulaire. Il ne sait pas se vendre.Il ne promet rien.Il n’explique pas. Il coupe le son. Il fait tomber les phrases toutes faites comme des décors en carton. D’un coup, il n’y…

Continuer la lectureL’échec nous apprend ce que la réussite ne dit jamais

Trop libres pour être heureux ? Petit traité du mal de vivre moderne

Introduction – Le paradoxe de l’homme libre On nous avait promis la liberté.Libre de choisir sa voie, son couple, sa religion (ou pas), son shampoing sans sulfates. Libre d’être soi, de réussir, d’échouer avec panache.Mais voilà : au milieu de ces autoroutes de choix, l’homme moderne se plante souvent dans le décor. Fatigué, démotivé, il consulte (s’il a le temps), médite (quand l’appli ne plante pas), et cherche désespérément un sens à tout ça. Il n’est plus prisonnier, mais il erre, lâché en liberté surveillé dans un monde sans direction. Bienvenue dans l’ère du mal de vivre version XXIe siècle : une mélancolie qui porte des baskets neuves et lit des citations de Nietzsche sur Instagram. 1 – La tyrannie…

Continuer la lectureTrop libres pour être heureux ? Petit traité du mal de vivre moderne

Dans l’ombre du désespoir

Introduction : Pourquoi parler du désespoir ? Ah, le désespoir ! Ce bon vieux compagnon qui sait si bien s’inviter sans prévenir, un peu comme votre belle-mère un dimanche matin. Il est là, tapi dans un coin, attendant que vous baissiez la garde pour vous susurrer des douceurs du style : "Tout est foutu, pourquoi continuer ?". On en viendrait presque à lui offrir un café, par politesse. Mais réjouissez-vous, chers lecteurs, car vous n'êtes pas seuls ! Non, vous êtes même en très bonne compagnie. Des cohortes de philosophes, des poètes et autres existences tourmentées ont pavé ce chemin avant vous. Pensez à Baudelaire, qui noyait ses tourments dans l'absinthe et les vers ténébreux, ou à Van Gogh, qui…

Continuer la lectureDans l’ombre du désespoir