Le prix du contrôle, ou le courage d’entreprendre sa vie

Vous le savez. Vous savez quand vous retenez un message.Vous savez quand vous retardez une décision importante.Vous savez quand vous appelez prudence ce qui est peut-être peur. Le contrôle vous rassure.Il vous donne l’impression d’être solide.De ne pas dépendre.De ne pas être pris au dépourvu. Le « contrôle » a même parfois l’élégance de se déguiser en vertu : on appelle ça “être responsable”, alors que l’on est surtout terrifié à l’idée que la vie improvise sans nous. Mais le contrôle a un prix. À force de vouloir tout anticiper, vous réduisez l’intensité.À force de vouloir tout sécuriser, vous réduisez l’exposition.À force de vouloir tout maîtriser, vous réduisez la vie. Moins de risque.Mais aussi moins de profondeur.Moins de surprise.Mais aussi moins de…

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Il n’y a pas de Bien en soi.

La phrase dérange. Elle sonne comme une fissure dans un mur qu’on croyait porteur. On préférerait que le Bien existe quelque part, bien rangé, bien défini, étiqueté comme un pot de confiture morale sur l’étagère de l’univers. Ce serait plus simple. Il suffirait d’ouvrir, de servir, d’obéir. Mais non. Le Bien ne nous attend pas. Il ne flotte pas au-dessus de nous comme un soleil moral permanent. Il ne descend pas avec le mode d’emploi. Il est à faire. Cela signifie que la morale n’est pas un code pénal cosmique. Elle n’est pas un tribunal invisible prêt à distribuer des bons points ou des gifles métaphysiques. Elle est un travail intérieur, parfois ingrat, souvent discret. Et c’est là que surgit…

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