« L’herbe est plus verte ailleurs »

Cette phrase revient souvent. Elle s’infiltre dans les conversations, dans les silences, dans les pensées de fin de journée. Elle apparaît dans les couples fatigués, dans les vies professionnelles usées, dans ces moments où l’on n’est pas effondré, mais plus vraiment debout non plus. Elle surgit quand on est encore là, mais déjà un peu parti intérieurement. Elle semble anodine. Presque banale. Et pourtant, elle ne l’est pas. Elle dit quelque chose de très précis et de très douloureux : la difficulté à rester là où l’on est, à habiter ce qui dure, à supporter le poids du présent quand il n’est ni catastrophique ni heureux… simplement lourd. Quand on dit que l’herbe est plus verte ailleurs, on ne parle…

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Faire le deuil de soi : renaître au présent

Il y a des jours où l’on ne sait plus très bien où l’on habite. On se croise dans un miroir, on dit « Bonjour » machinalement, mais on ne se reconnaît pas. Le corps a la même odeur, la voix le même timbre, et pourtant… quelque chose a bougé. Quelque chose s’est détaché, s’est effondré, ou peut-être s’est juste dégonflé doucement, comme une baudruche un soir de réveillon. C’est discret, presque poli. C’est le deuil silencieux d’une ancienne version de soi. Et pourtant, ce “soi” d’avant, on l’a aimé. On l’a habité avec confiance. Il riait plus fort, il rêvait plus large, il croyait que tout était encore possible. Il portait des désirs à pleines mains, il n’avait pas…

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