Les préjugés que l’on a sur soi-même
Les préjugés les plus cruels ne s’attaquent pas toujours aux autres. Les plus dévastateurs sont intérieurs. Ils ne font pas de bruit. Ils s’installent doucement. Ils se répètent si souvent qu’un jour, on cesse de les entendre comme des pensées. On les prend pour des vérités. Ils tiennent en quelques phrases courtes, définitives, sans appel : « Je suis comme ça. » « Je n’y arrive jamais. » « Ce n’est pas pour moi. » Ces phrases ne décrivent pas une difficulté. Elles enterrent une possibilité. En consultation, elles surgissent très vite. Elles semblent attendre depuis longtemps qu’on leur ouvre la porte. Il y a ce patient qui dit, sans colère, presque calmement : — « Je suis faible. Je…
