You are currently viewing La routine : ce qui éteint… et ce qui soutient

La routine : ce qui éteint… et ce qui soutient

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Humeur poétique
  • Temps de lecture :3 mins read

La routine inquiète. Elle évoque l’usure, la répétition, l’impression de vivre en pilote automatique. Beaucoup de personnes disent ne plus supporter leurs journées qui se ressemblent. Mais derrière cette plainte, ce n’est pas toujours la répétition qui fait mal. C’est la sensation plus profonde de ne plus être présent à ce que l’on répète.

Il y a des moments où la routine ressemble à une absence. Le corps se lève, agit, avance, mais quelque chose n’y est plus. Les gestes s’enchaînent sans laisser de trace. Les journées passent, mais rien ne traverse. On fait, mais on ne sent plus. On continue, mais on ne vit plus vraiment.

La routine devient inquiétante quand elle continue à fonctionner alors que nous avons cessé d’y être.

Et pourtant, la routine n’est pas toujours un piège. Elle est parfois ce qui reste quand tout le reste vacille. Quand l’élan est fatigué. Quand le désir est trop lourd à porter. Quand l’avenir paraît inaccessible. Dans ces moments-là, répéter des gestes simples n’est pas un échec. C’est une manière de tenir.

Se lever. Se laver. Manger. Sortir prendre l’air.

Ces gestes semblent insignifiants. Ils sont parfois essentiels.

La routine, ici, n’éteint pas la vie. Elle l’empêche de s’effondrer.

La routine n’est pas toujours ce qui empêche de vivre ; c’est parfois ce qui empêche de tomber.

La souffrance apparaît quand la routine n’est plus habitée. Quand elle ne soutient plus rien. Quand elle sert uniquement à durer. À remplir le temps. À éviter le vide. À ce moment-là, elle devient lourde. Étouffante. Elle ressemble à une longue marche sans horizon.

La routine devient toxique le jour où elle ne sert plus à vivre, mais seulement à continuer.

Mais l’absence totale de routine peut être tout aussi douloureuse. Sans repères, sans horaires, sans cadre, tout se disperse. Le corps ne sait plus quand se poser. L’esprit s’éparpille. L’angoisse trouve un terrain libre. La liberté absolue, sans appui, fatigue plus qu’elle ne libère.

Refuser toute routine au nom de la liberté, c’est parfois se condamner à une fatigue permanente.

La question n’est donc pas de supprimer la routine, ni de s’y soumettre.

La vraie question est plus intime :

êtes-vous encore présent dans ce que vous répétez ?

Une routine juste n’est ni rigide ni vide. Elle est suffisamment stable pour rassurer, et suffisamment souple pour respirer. Elle ne promet pas l’intensité. Elle accepte l’ordinaire. Et c’est précisément pour cela qu’elle peut, parfois, laisser surgir quelque chose de vivant.

La vie n’est pas faite d’instants exceptionnels en continu. Elle est faite de jours simples, parfois ternes, parfois lourds. Chercher à rendre chaque journée pleine de sens est souvent une manière subtile de s’épuiser soi-même.

La routine ne demande pas d’être heureuse.

Elle demande d’être habitée.

Et parfois, quand elle est choisie, respectée, réinvestie, elle cesse d’être un poids. Elle devient un sol. Un endroit où l’on peut se poser. Reprendre souffle. Attendre sans se perdre.

La routine ne fait pas le bonheur.

Elle prépare simplement le terrain pour qu’il puisse, un jour, apparaître.

Et pour beaucoup, c’est déjà immense.

Oh bonjour 👋
Ravi de vous rencontrer.

Inscrivez-vous pour recevoir chaque semaine du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.